Avant d’aller se fourvoyer sur les remontées mécanisées et les descentes bulldozées des stations des 2 Alpes et de l’Alpe d’Huez en vue de la Megavalanche, tout vététiste de montagne qui se respecte ne peut manquer de rouler sur l’un des plus beaux parcours du secteur de la Grave et sa “reine” Meije. Et l’un de ses joyaux est assurément le plateau d’Emparis, bout de Patagonie égaré dont le panorama sur la Meije, le Rateau, le doigt de Dieu, et le glacier de la Girose est l’un des plus saisissants de l’Oisans.

emparis

Après nos 5 heures de route depuis Valbonne, un arrêt à la Grave pour profiter du soleil de fin d’après-midi et acheter quelques produits locaux, puis direction le village du Chazelet pour y trouver un spot à van et y passer la nuit.

Pluie et fraicheur le soir, mais la prévision est plus optimiste pour le lendemain matin. De toutes les façons nous ne sommes qu’au début d’une longue période de froid et de mauvais temps pour tout ce mois de juillet, il faudra bien faire avec.

La boucle au départ du Chazelet rejoint le plateau d’Emparis par la piste jusqu’à la baraque de la Buffe où débute le portage, toujours sous l’oeil de la Reine Meije et de ses glaciers. Puis on contourne l’immense plateau jusqu’au col St Georges où on emprunte le GR54 et la boucle des lacs via un petit portage costaud qui vaut néanmoins le détour pour les lacs, mais aussi pour la vue vertigineuse – 1200m d’à-pic – sur la vallée de la Romanche.

La très belle descente jusqu’au Chazelet commence effectivement depuis le lac Noir. Un tour accessible et intégralement panoramique de 24 km et +1000m.

Églises

Nos éducations respectives, bouddhiste et catholique pour Banana (mère vietnamienne, père philippin), et catholique pour moi, avec un passage marquant de sept années dans la chorale des petits chanteurs de St Louis (affiliée aux petits chanteurs à la Croix de Bois), nous ont laissé, à défaut d’une croyance religieuse (nous sommes agnostiques), une véritable foi “spirituelle” et humaniste, source de grands débats philosophiques animés mais toujours passionnants.

Cette sensibilité commune fait que lors de nos voyages, nous entrons volontiers dans les églises, chapelles, abbayes, temples, pagodes, mosquées, et tout ces lieux de prière et/ou de recueillement que les hommes ont sacralisés pour y manifester et y célébrer leur religion ou spiritualité.

Quelles qu’en soient leurs origines, ces édifices sont invariablement “chargés” d’histoire, de dévotion, d’humanité, et d’émotion spirituelle, qui ne nous laissent pas insensibles.

Plus encore que les cathédrales ou grands monuments religieux, où touristes et pèlerins se mélangent dans un brouhaha parfois gênant, l’église de village – lorsque le curé veut bien la laisser ouverte – possède une aura à part.

On y retrouve généralement le silence, une matière qui se raréfie de nos jours, une lumière harmonieusement filtrée par les vitraux multicolores, un parfum d’encens, de bois ciré et de paraffine, des peintures, sculptures et enluminures simples ou riches, mais toujours différentes, et parfois de grande qualité artistique, des vieilles pierres et de vieux bois, chargés de siècles, parfois même de la musique d’orgue ou de chants grégoriens.

Nous n’y prions pas, nous y méditons. Quelques instants, quelques minutes, sans autre but que de vivre une coupure spirituelle, de celle qui nous reconnecte à notre âme, notre dieu intérieur.

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