Kilomètre vertical, un escalier vers le paradis ?

Kilomètre vertical, un escalier vers le paradis ?

Après quelques tentatives sommes toutes réussies en trail moyenne distance et en raids multi-sports, le simple fait que ma moitié n’a pas les genoux en état pour courir, et que nos sorties outdoor sont déjà très denses et variées, ne m’ont pas poussé à persévérer. Par ailleurs, et pour profiter pleinement de l’activité, il faut s’astreindre à  un entrainement régulier et méthodique, ce qui chez nous est plus une contrainte qu’un plaisir !

Le kilmètre vertical (suite…)

Mont Clapier, un 3000 automnal

Le changement a du bon. Après une fin de saison très focalisée sur le VTT, une rando pédestre et alpine est la bienvenue. Et comme souvent durant l’été indien, on se dit que ce week-end sera peut-être le dernier, avant que nos hauts sommets soient saupoudrés.

Mont Clapier (suite…)

Bella Isola Elba

Afin d’inaugurer notre premier “camper trip”, nous avons choisi l’île d’Elbe. Cette “petite Corse” Italienne, finalement assez méconnue des français, et même ignorée des voileux, qui la négligent au profit de l’incontournable voisine Mauresque.

Nous nous sommes ainsi greffés à la semaine sportive de nos amis Joëlle et Philippe qui venaient y découvrir début avril les nombreuses possibilités potentielles de vtt et d’escalade, pour y partager avec eux les sorties vélo, et aussi y découvrir quelques spots renommés en kayak de mer.

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Le Râteau, le “fou de la reine Meije”

Aller en haute montagne pour y faire du VTT ouvre inévitablement à d’autres horizons sportifs et contemplatifs.

Lors de notre séjour ASCVTT estival à la Grave, au pays de la Meije, c’est la présence dans notre groupe de trois éminents encadrants du CAF Nice, qui nous ont incité à tenter l’aventure alpiniste.

Le Râteau

La course

Le sommet choisi sera le Râteau Ouest par l’arête Ouest. Ce voisin immédiat de la Meije, bordé par le glacier de la Girose, culmine à 3769m. C’est une course cotée PD, une superbe rando d’initiation à l’alpinisme (glacier et rocher) facilitée par le téléphérique (pas de longue marche d’approche), et idéale pour nous autres débutants dans la discipline.

Après l’instabilité des jours passés, la journée choisie est simplement parfaite avec un beau temps anticyclonique et chaud. Trois cordées de trois sont composées avec les volontaires du jour, guidées par nos cafistes intrépides. À l’ouverture du téléphérique de la Grave, une trentaine d’alpinistes sont déjà prêts à se faire transporter au col des Ruillans, à 3211m, pour les courses alpines du coin.

Entre le matériel perso (casques, baudriers), celui prêtés par nos guides (crampons, piolets), et les compléments en location (chaussures, gants), nous sommes en principe équipés pour cette course dite “mixte”, alternant tous les types de terrains de l’activité : neige, glace, rocher, escalade. Seule concession au modernisme, mes (très) vieilles Anapurna, chaussures de montagne tout cuir presque neuves, d’il y a 35 ans !

Le glacier

Après quelques pas à la sortie de la gare du téléphérique, on chausse les crampons au bord du glacier, on vérifie les baudriers, et on installe les cordées. Départ sur la neige à peine ramollie, par un grand contournement de la rimaye du glacier par la droite, suivi d’une forte pente pour parvenir au col de la Girose à 3518m, le souffle court.

On profite déjà d’un panorama exceptionnel au col, pendant une courte pause, avant de remonter la langue de neige qui conduit à une petite plate-forme au pied de l’arête Ouest du Râteau.

Nous y ôtons nos crampons pour attaquer l’arête rocheuse facile mais aérienne puisqu’elle domine, le glacier de la Selle d’un coté et celui de la Girose de l’autre, de quelques centaines de mètres. Tout se passe bien, lentement mais surement, tandis que nous sommes doublés par deux cordées encadrées de guides au rythme syndical.

L’escalade

Nous arrivons ainsi à la brèche précédant le ressaut qui conduit au sommet où Thierry propose de nous faire emprunter la voie directe du pilier, plutôt que de contourner le ressaut par une vire face sud (voie classique). Entre temps, Laurent et Franco décident d’en rester là dans l’ascension, et de nous attendre sur une petite plate-forme, car l’idée de passer en mode escalade pure ne les branche pas plus que ça !

Il faut dire que ce passage clé restera une des deux séquences “émotion” de la course, avec un pas d’escalade technique et surtout très gazeux ! Le final se faisant sur le fil de l’arête, suffisamment large pour y tenir debout en équilibre, pour peu que celui-ci ne soit pas brouillé par la vue très plongeante de chaque face.

Le sommet

Là-haut, nous tenons tout juste sur la minuscule plate-forme, heureusement libérée des cordées précédentes, et mitraillons et filmons à tout va tel un groupe de touristes japonais bien entrainés, le magnifique spectacle du massif des Ecrins qui s’étend à nos pieds.

Descente tranquille et prudente par la vire de la face sud, avec un rappel d’une vingtaine de mètres installé en moulinette au-dessus du ressaut pour accélérer le transfert du groupe. Et on retrouve nos deux compères, vachés à leur piton rocheux, et qui commençaient à trouver le temps long !

Rechaussage des crampons pour le mode descente, avec une nouvelle technique à assimiler pour ne pas glisser sur une neige très ramollie avec la chaleur de l’après-midi.

La glace

Pour la descente du glacier, Patrick décide de nous faire passer la rimaye contournée à l’aller. Tout va bien jusqu’à ce que la première cordée se retrouve dans la partie à très forte pente, exposée nord, et donc gelée sous la fine couche de neige. Deuxième séquence “émotion” de la journée.

Nous voici donc à apprendre les techniques de glace “sur le tas” ! Se tourner face à la pente, planter vigoureusement les pointes avant de nos crampons à chaque pas descendant, faire de même avec le piolet (moins évident qu’il n’y parait) avant chaque transfert de pied. A ce jeu les trois cordées perdent beaucoup de temps alors qu’il est impératif de ne pas louper la dernière benne pour le retour à la Grave, sous peine d’une marche de 1800m négatifs avec nos godillots rigides !

Les filles nous font même quelques figures de style, avec entre autres un court dévissage en règle par Banana, heureusement contrôlé par Francis, notre chef de cordée.

Puis le retour nous impose quelques détours pour éviter les ponts de neige, très fragiles à cette époque de la saison. Avant de regagner la gare du téléphérique peu avant la fermeture et accompagnés par un flot de touristes venu humer l’air de l’altitude et visiter la grotte de glace.

Bourriquet au Râteau

Epilogue

Cette expérience restera la journée phare du séjour en ce qui nous concerne, à la fois par les sensations, les découvertes, les panoramas, les passages “chauds”, et l’ambiance très animée du groupe. Et pour peu que l’on ne soit pas sujet au vertige, l’alpinisme est encore une autre discipline cousine du vélo de montagne, que l’on retentera volontiers, à la prochaine occasion !

Cette course est de plus un condensé des multiples facettes de la haute montagne, alors merci à Francis, Patrick et Thierry pour leur encadrement et leur enthousiasme 😉

La vidéo

Photos