Un tiroir à vélos

Un tiroir à vélos

30
octobre
2021

Puisque le vélo de montagne est notre activité sport/loisir principale, la question du transport de nos deux gros VTTAE est essentielle.

La réponse est tout sauf évidente, chaque solution ayant sont lot d’avantages et d’inconvénients, un compromis de plus à trancher.

30 Oct 2021 | Van life | 2 commentaires

Puisque le vélo de montagne est notre activité sport/loisir principale, la question du transport de nos deux gros VTTAE est essentielle.

La réponse est tout sauf évidente, chaque solution ayant sont lot d’avantages et d’inconvénients, un compromis de plus à trancher.

Sur notre ancien van, c’était porte-vélos obligatoire.

Certains l’ont fixé au hayon ou aux portières arrières, le notre était plus classiquement sur attelage.

Si j’exclus d’entrée le porte-vélo de portières qui sollicite trop les charnières et exige de soulever haut les biclous, la configuration attelage génère également plusieurs inconvénients :

  • les vélos sont exposés, à la fois aux accrochages, mais aussi à la vue et au vol,
  • c’est une masse (60 kg en plus de l’attelage dans notre cas) très déportée sur l’essieu arrière,
  • ajoute un porte-à-faux potentiellement problématique en montagne et sur piste,
  • ajoute encore de la longueur au véhicule (manœuvres, parking),
  • porte-vélo également exposé lorsque nous sommes en vadrouille,
  • obligation de vérifier strictement l’arrimage, et aussi les cadenas,
  • exposé aux intempéries.

Les avantages sont eux très simples : les vélos sont vite posés et arrimés, pas besoin de démonter les roues, pas de problèmes de boue, et surtout l’espace de rangement du van reste entièrement libre.

La soute

L’espace disponible à l’arrière d’un fourgon aménagé est très variable, précisément selon le type de configuration, notamment pour le lit, en travers ou à la française. Certains modèles proposent même un lit relevable sur sangles, permettant d’ajuster le volume de la soute au gré des besoins de chargement, mais aussi de la capacité à dormir avec peu de hauteur sous plafond !

Même avec la taille supérieure d’un fourgon L2 ou L3, l’embonpoint des aménagements fait que le volume de chargement disponible reste relativement modeste, quelques petits placards et tiroirs, et une soute parallélépipédique sous le lit en travers.

Avant même le choix de notre fourgon, j’étais déjà convaincu : nos deux vélos doivent impérativement tenir dans le volume de la soute avec leurs roues démontées.

Ayant obtenu les dimensions approximatives de cet espace, il a fallu faire des montages à blanc, les deux vélos posés cote à cote en appui surélevé sur la fourche et l’axe de roue arrière pour évaluer leur capacité à y entrer.

Les tests

Une fois le fourgon réceptionné, il est enfin possible d’évaluer ce casse-tête dans la réalité de l’aménagement.

Mesurer, et encore mesurer, eh bien cela se joue à quelques centimètres, voire même quelques millimètres !

Premier problème : les cintres (guidons) très larges de nos VTT débordent sur les côtés. À moins de les démonter à chaque fois de la potence (2 x 4 vis), ce qui est long et fastidieux, il faut donc « aménager » un espace entre meubles et sommier de lit pour les faire passer !

Deuxième problème : impossible de garder les roues arrières à poste, celles-ci dépasseraient beaucoup trop dans le couloir, entre cuisine et espace douche. Elles seront donc impérativement démontées et devront trouver un espace disponible entre les vélos.

L’inspiration

Quelques passes sur les moteurs de recherche et quelques sites et forums spécialisés permettent d’étudier ce qui a déjà été créé.

L’essentiel se trouve chez les américains, d’ailleurs souvent fans inconditionnels du Sprinter.

L’un des sites incontournables centrés sur la vanlife et le « DIY » sur fourgon est sans conteste faroutride.

L’un de leurs billets ultra détaillé et documenté est justement la fabrication d’un tiroir à VTT. Je m’en suis largement inspiré.

Le sommier

Une mesure rapide indique la nécessité de surélever le sommier à lattes d’au moins 9 cm !

Cela semble faisable. Celui-ci est en trois parties : les deux extrémités fixes sur leur meuble respectif et la partie centrale articulée sur charnières.

L’espace sous plafond et placards sera certes réduit d’autant, et l’accès au lit encore plus haut, mais cela reste acceptable et c’est le prix à payer.

Des cales en bois sont fabriquées, fixées directement aux deux parties fixes du sommier et aux meubles avec des équerres. L’une de ces cales sera amovible pour laisser passer l’un des guidons pendant le rangement et replacée en position nuit.

Un avantage : l’espace libéré permet de caser un fauteuil pliant et quelques accessoires.

Le tiroir à vélos

Pour faciliter l’entrée/sortie de nos deux « lourds » VTTAE – respectivement 22 et 23kg – un tiroir coulissant est indispensable. Cette solution est déjà déclinée sur de nombreux vans pour optimiser les rangements et est même proposée en option chez Hymer.

Les pièces clé pour ce montage sont une paire de rails à coulisses capables de supporter la charge pour un déport d’environ un mètre. J’ai choisi pour cela des « coulisses à galets FR 206 – charge 100 kg – sortie partielle FULTERER » en 100 cm.

L’autre point clé concerne la fixation solide de ces glissières au plancher du van. Certains modèles de fourgons sont équipés de rails (Grand Canyon), d’autres comme le notre ont seulement quatre anneaux d’arrimage boulonnés aux quatre coins de la soute. L’idée est de réutiliser ces fixations en remplaçant les anneaux par des équerres de charpentes qui maintiendront le support de glissière en CP 12mm.

Une fois les supports de glissières solidement boulonnés, il reste à découper une planche CP 12mm à la largeur du montage et de la longueur maximum pour venir toucher les portes fermées d’un côté et ne pas dépasser dans l’espace cuisine de l’autre.

Les supports de vélos

Il existe une multitude de supports de fourche acceptant les différents standards, mais nettement moins de supports d’axes arrières.

J’ai donc choisi dans un premier temps les (coûteux) « Travel bike stands » de chez Evoc, supports complets multi-standards en principe utilisés dans les sacs de voyage pour vélos.

Avec ce système, il est très facile de régler finement la position de chaque cadre pour qu’ils s’imbriquent l’un avec l’autre, et aussi dans l’espace soute.

Ce réglage reste sans aucun doute la plus grosse difficulté du montage car, comme dit plus haut, tout se joue à quelques millimètres !

Après validation et un mois d’usage, je remplacerai finalement ces bike stands par des supports « maison » en CP, moins encombrants sur le tiroir et plus simples à manoeuvrer, avec notamment un support arrière « ouvert », les cadres ne sont plus fixés que par l’axe de roue avant.

Les roues

Celles-ci s’insèrent facilement dans les espaces entre les deux cadres.

Afin de protéger roues et cadres des contacts métalliques, les roues arrières sont rangées chacune dans un sac, tandis que les disques des roues avant sont eux-même protégés par des housses néoprène.

 

Conclusion

Nos vélos dorment désormais avec nous au chaud et restent invisibles de l’extérieur.

Avec l’habitude, les manœuvres de montage/démontage sont très rapides et ne sollicitent pas trop le dos. C’était aussi l’objectif recherché.

L’espace disponible de la soute est désormais intégralement occupé, mais le reste des rangements une fois optimisés reste suffisant pour deux personnes. Quant au kayak gonflable, lorsque nous décidons de l’emporter en vacances, celui-ci trouvera une place sur le toit, entre lanterneaux et panneaux solaires !

2 Commentaires

  1. Patrick L

    un vrai travail de pro ! bravo !

  2. Alain

    Bonjour Pierre, comme d’habitude tu n’as pas fait les choses à moitié.
    Je valide complétement ton analyse du porte vélo sur le Marco Polo, nous rentrons d’une semaine dans le Larzac avec les 2 vélos.

    Encore bravo pour cette réalisation et surtout merci pour le détail des explications.

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