Ca nous a pris comme ça, presque sur un coup de tête, durant un petit tour pédestre du Cap d’Antibes : “Et si nous faisions du kayak de mer ?”.

Autant ma vie antérieure de voileux et d’avironneur pouvait expliquer cette envie de retour à l’élément marin, autant la crainte de l’eau et du mal de mer rendait cette idée beaucoup moins évidente pour Susie.

Kayak de merMais chez les filles, inutile de chercher une logique, ça la branchait et pis c’est tout ! Le garçon, en bon cartésien, il commençait déjà à évoquer les différentes disciplines, qui sont autant d’embarcations, de choix et de budgets à considérer, et puis il y a tout le matos associé (encore du matos !), le transport, et puis le garage, tellement exigu pour le stockage… Que de questions !

L’idée fait cependant son chemin, car sa genèse n’est déjà plus à discuter : une simple envie de nouveaux horizons, de varier les activités, les sorties, les rencontres, les expériences, faire travailler d’autres muscles (le VTT reste quand même polarisé sur le bas du corps 😉 ), s’émerveiller encore !

Et à la question bête : “Vous êtes un couple, alors pourquoi pas un kayak biplaces ?“, la réponse bête : “Sérieusement, vous nous voyez sur un tandem ?” 🙂

L’incontournable “matos”

Puis viennent les premières recherches sur le web, quel matériel pour quelle pratique, quel budget, quel encombrement ? Au départ, ma lointaine pratique de l’aviron me faisait pencher plus volontiers vers la yole de mer, sorte de skiff adapté à l’environnement marin, avec de vraies rames sur dames de nage, dos à la marche, et sur un siège à coulisse, gage d’un effort complet (quasiment tous les groupes musculaires travaillent). Mais ces bateaux sont rares et plutôt chers, d’un poids et d’un encombrement qui imposent la remorque et un garage grand format, sans parler de leur technicité pour les débutants.

Le kayak quant à lui, ne présente pas tous ces inconvénients : son succès croissant depuis quelques années fait que les prix sont tirés vers le bas, il est vraiment facile d’accès, il existe toutes les tailles, en rigide ou en gonflable, en ponté ou Sit On Top, et avec un poids raisonnable. Ici on rame, ou plutôt on pagaye, assis face à l’avant, avec une pagaie double, contrairement au canoë qui utilise une pagaie simple.

Le kayak de mer se distingue de son frère de rivière par sa forme et sa longueur : il est plus long, plus étroit et plus directif, avec des étraves effilées et relevées pour mieux passer dans les vagues.

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Passées les quelques investigations pour résoudre l’incontournable équation budget/programme/matériel, notre choix s’arrête sur l’un des premiers prix Decathlon, le RK500-1 Rando, un Sit On Top costaud et réputé stable, auto-videur, bien équipé, et de plus immatriculé au-delà des 300m (avec l’équipement obligatoire). De plus, avec quelques aménagements dans notre garage, les deux doivent rentrer tout juste.

Coup de bol, le modèle est justement en promo de fin de saison à Antibes (le seul Decath’ de la région à proposer une gamme complète pour ce sport) ! Deuxième coup de bol, alors que le responsable rayon nous affirme que c’est l’unique exemplaire en stock, il en trouve un deuxième qui était en expo ! Bref, deux gilets de sécurité et deux pagaies plus tard, nous voici tous les deux équipé de base pour un budget de 1000 € seulement !

Initiation marine

La première sortie initiation mi-novembre au départ des plages de l’Olivette entre Juan-les-Pins et le Cap d’Antibes était simplement parfaite, avec une dernière réminiscence de l’été indien, juste après la forte tempête qui avait balayé tout le sud les jours précédents. Une mer très calme et pas encore froide, un soleil chaud, une lumière automnale, les premiers coups de pagaie se font sans effort et sans appréhension : bienvenue sur la mer !

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Le bas de combinaison (de canyon) s’avère rapidement trop chaud, et trop serré, alors que la seule brassière nous suffit pour le haut. Nous apprivoisons les mouvements et la stabilité, tandis que deux potes vététistes rencontrés par hasard au même endroit nous accompagnent pour tester de magnifiques “Standup Paddle“, de longues planches où l’on rame debout, et qui font fureur aux Etats-Unis depuis peu (serions-nous nombreux à varier les activités ?).

Alors qu’il était prévu une simple initiation près du bord, le plaisir, la facilité et la curiosité nous poussent vers la pointe de l’Ilette, puis l’Anse de l’Argent Faux, appelée aussi Baie des Milliardaires, où nous marquons une courte pose devant le majestueux escalier d’une propriété. Le retour se faisant sur une petite houle d’Est de l’arrière, qui nous fait entrevoir les premières sensations du surf, mais on verra ça plus tard lorsque la maitrise sera là !

La douche à poste sur la petite jetée permet à tous les sportifs du jour de rincer les corps et le matériel à l’eau douce. Douce comme cette matinée de novembre qui nous a confirmé tout le bien que laissait entrevoir cette nouvelle pratique nautique.

Arrivée de Susie au fond de l'anse de l'Argent Faux, aussi appelée "baie des milliardaires"

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