James Bond a son Aston Martin, Batman sa Batmobile, le Pape sa Papamobile, et SophiaOutdoor aura désormais son… SOvan !

Flashback, 1965 : Petits ou grands voyages dans deux combis VW rafistolés, deux microbus légendaires, appelés affectueusement “Microbes”. Souvenir inaltérable de grappes de gamins assis autour du toit ouvrant sur les pistes défoncées du causse ardéchois, ou d’interminables jeux de réflexion sur les longues routes du retour, avec les autres petits chanteurs de St Louis, à Labeaume, et à Paris.

Qui a connu au moins une fois cette “boite à bonheur” s’en souvient forcément toute sa vie.

SOvan, la navette outdoor

Au terme de trois semaines de camping/vtt/kayak/rando Corses, ponctués de plusieurs appels du pied insistants de ma moitié, ça a été comme un déclic : avec la tournure que prennent nos activités de loisirs, maintenant que les enfants sont partis, que nos envies de voyages sportifs ou contemplatifs s’amplifient, tandis que l’intendance associée s’alourdit, en même temps qu’une exigence d’un minimum de confort et de beaucoup d’autonomie, il était grand temps de reconsidérer notre logistique !

Alors une fois n’est pas coutume, je vais vous parler “bagnole” 🙂

Les forces en présence

Le "Microbe" des années 60

Nous avons vite vu les limites des petits monospaces comme notre bonne vieille Scenic, ou ludospaces à la Kangoo, et c’est précisément le manque d’espace et de volume. Il nous fallait quelque chose de réellement “habitable”.

Il y a bien sûr les camping-cars, les “grands blancs” comme on les appelle ironiquement. Tout le confort à bord avec l’incontournable bloc douche-toilettes, mais outre leurs tarifs qui peuvent atteindre des sommets, rouler dans un véhicule aux performances et à la consommation d’un camion, sans parler des tarifs péage, de la hauteur rédhibitoire pour certains parkings, et souvent de la répulsion des autochtones à leur égard, c’est pas plus attirant que ça. Quant à la bonne vieille caravane à papi, no way !

Alors on pense évidemment à l’utilitaire genre Renault Trafic, économique, et aménagé à notre goût. Mais soit on est très bricoleur et on dispose surtout de beaucoup de temps, soit on achète du modulaire spécialisé et là aussi les tarifs grimpent vite, sans que le résultat, et aussi la cote de revente potentielle, soit forcément à la hauteur.

Ne reste plus que les van aménagés, les “camper” des anglo-saxons, les combis et autres micro-bus, basés sur des “porteurs” réputés. Le meilleur des deux mondes de notre point de vue (tant qu’on a le budget associé bien sûr) :

  • une plate-forme qui reste de dimensions raisonnable (5 m de longueur et 2 m de hauteur) avec un comportement routier sympa et une consommation contenue,
  • un aménagement largement suffisant pour dormir et se faire la cuisine à bord, en tous les cas pour deux, avec plusieurs jours d’autonomie (batterie de service, eau, gaz, et panneau solaire), et l’indispensable chauffage à air pulsé stationnaire pour ne plus dépendre des conditions saisonnières ou météorologiques

Dans cette catégorie, et en excluant les modèles trop anciens, le choix est assez vite fait :

  • L’incontournable VW “Calfornia” qui en est aujourd’hui à la version T5 (à l’origine, j’imaginais même qu’il était toujours seul sur le marché !)
  • Le moins illustre et pourtant très respectable et bien placé Mercedes Vito ou Viano “Marco Polo”
  • D’autres marques ou aménageurs spécialisés existent évidemment mais restent beaucoup plus confidentiels

Pour le Volkswagen, la plate-forme du combi California, autrefois aménagée par le grand spécialiste Westfalia, est désormais intégralement réalisée par le constructeur allemand, ce qui n’est pas forcément un avantage… Constructeur automobile et aménageur de camping-car, ça n’est pas le même métier.

Le Mercedes Viano Marco Polo, frère jumeau dans l’esprit mais pas dans les détails, est lui entièrement aménagé par Westfalia. Sa diffusion est plus confidentielle que le premier car il n’a pas l’aura et surtout le passé très riche du “combi”.

Aménagement Viano Marco Polo

Les raisons d’un choix

Ce rapide tour d’horizon des solutions possibles une fois bouclé, restait à se fixer un budget, et à conquérir notre Graal.

Au départ, le VW T5 me paraissait incontournable. Affectivement bien sûr, mais aussi parce que deux de nos voisins en possédaient un, et qu’ils nous faisaient de l’oeil tous les jours sur le parking. Je commence donc à chauffer Google de mes requêtes sur le thème.

Évidemment, le moteur de recherche qui est plutôt fin, me lance vite sur une autre piste, celle des “Marco-Polistes”. Je découvre à cette occasion que Mercedes Benz occupe également le segment de marché, et de fort belle façon avec sa plate-forme d’utilitaire Viano, souvent utilisée notamment pour le transport de personnes version grand standing. Le porteur et sa motorisation sont réputés, la marque aussi d’ailleurs.

Là forcément, tout se complique. Les choix se démultipliant, il faut entrer dans le jeu tellement subjectif des “comparaisons”, et affronter ses tribus d’aficionados qui défendent leur chapelle par forums interposés.

Essayant tant bien que mal de mettre une pincée d’objectivité dans ce dilemme, et ma moitié me laissant (qualité rare !) le champ libre pour la question cruciale du choix, je délaisse petit à petit le prestige de l’ancêtre pour les charmes tout aussi germaniques du “marchand voyageur vénitien”.

Même si les deux prétendants ont chacun leur lot d’avantages et de détails contrariants, le trio aménagement-motorisation-fiabilité du MB prend finalement le dessus, avec en plus une préférence esthétique au passage.

Sur le joyeux forum des Marcopolistes, l’essai comparatif le plus complet (et presque objectif 🙂 ) trouvé à ce jour.

Trouver la perle rare

Côté tarifs, on navigue un peu dans les mêmes (très hautes) eaux, les différences se jouant sur des listes sans fin d’options qu’il faut décortiquer une à une pour en déceler le rapport prix/utilité.

Car ici, en plus des traditionnelles options moteur/équipement/déco associées à n’importe quel véhicule, il y a en plus celles qui ne concernent que ses aménagement de camping-car, le chauffage stationnaire par exemple, même si la base est déjà très bien fournie.

Pour la motorisation, bien qu’étant peu fan des boite auto, je me laisse finalement convaincre de leur utilité sur des véhicules aussi lourd (2T4), tandis que le “4matic”, option pourtant coûteuse, présente un avantage indéniable dès que l’on quitte un peu le bitume, pour des pistes boueuses ou mal carrossées, ou que l’on se fait surprendre par la neige.

Après, il y a la question neuf/occasion, import via un mandataire,  ou encore achat direct en Allemagne. Ces deux dernières options sont prisées par les acheteurs français, d’abord parce que le marché germanique est sans commune mesure avec le notre, et aussi parce que la réduction de tarif, une fois les formalités douanières remplies, reste substantielle. Mais c’est long, un peu risqué, et assez compliqué quand même.

Nous n’avons pas eu à nous poser cette question puisque deux semaines après notre décision d’achat (octobre 2012), une annonce de qualité a été publiée sur le forum de la communauté MarcoPoliste :  un Viano 2.2 MP 4Matic de février 2012 avec 18000 km au compteur et de nombreuses options. Le budget fixé initialement est explosé comme il se doit, alors on cherche à se rassurer avec tout un tas de raisons que l’on espère… assez raisonnées pour justifier un tel investissement, à priori fait pour durer !

Impatience et joie d’enfant

Une fois la transaction effectuée, nous voici retombés en enfance dans l’excitation et l’attente de notre aller-et-retour vers la lointaine presqu’île du Cotentin, courant novembre, pour aller prendre possession de notre précieux jouet chez un très accueillant et chaleureux vendeur. Et une après-midi n’était pas de trop pour découvrir tous les recoins et subtilités de ce véhicule hybride complètement nouveau pour nous à bien des égards.

Les 1250 km du retour sont avalés comme jamais nous ne l’aurions imaginé, dans un confort qui laisse entrevoir des destinations lointaines sans aucune appréhension !

Quant à nos premières escapades et nuits à bord, elles ont tout le charme et la magie des premières sorties en mer sur un bateau à voile, le roulis en moins.

Notre camp de base itinérant est désormais en place. Porte-vélos, bers de kayak, et soute à matos parés à accueillir tous les supports de nos futurs voyages et aventures nature : SOvan, la navette de SophiaOutdoor !

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