Une semaine après le rallye de Sospel, et le début du printemps, il était temps de faire le point sur le réveil des sentiers de plus haute altitude. Ceux qui hibernaient encore sous un blanc persistant, il y a si peu de temps.

L’époque des équinoxes est tellement particulière, avec les organismes qui opèrent leur révolution intérieure, tandis que lumières et couleurs, engendrent leurs plus grands paradoxes.
Monti - Sospel

Le Bourriquet qui murmurait à l’oreille des équidés

Cela commence dans les ruines d’un village millénaire plusieurs fois détruit. Castillon, “petit château fort” aux murailles aujourd’hui disparues, est gardé par quelques chevaux rustiques en semi liberté, dont l’activité principale semble être l’accueil chaleureux des touristes bipèdes en goguette.

Alors que nous nous mettons en tenue et préparons nos biclous, le dialogue s’instaure rapidement avec tous les membres du groupe, dont le plus jeune est certainement le plus extraverti. On échange d’abord quelques banalités sur la douceur revenue, le réveil de la nature, la beauté intrigante du lieu, puis on répond à mille questions concernant notre équipement. Et  que non, on n’utilise pas d’éperons pour faire avancer nos vélos, et que oui, nos selles sont effectivement inconfortables… Ils goutent à peu près à tout : manches de maillot, pneu, sac à dos, chaussure, avec au passage un tour à l’arrière de la voiture, alors que pour une fois,  je n’avais pas joint ma traditionnelle carotte à mon picnic. Dommage.

L’accueil suivant, par un groupe de randonneuses retraitées, étant nettement moins complice, ils passent finalement leur chemin et s’en vont paitre ailleurs, tandis que nous attaquons la montée portage/poussette du sentier vers le col de Ségra avec Franco et PeeWhy qui nous ont finalement rejoints, et avant de retrouver le reste du groupe partis depuis Monti : Charlotte, Shostag, Platoon et Astérism au pied du mont Ours.

Bonjour le moyen pays !

On fête comme il se doit notre retour à des altitudes supérieures à 1200m, restées si longtemps fermées par les conditions hivernales inhabituelles. La descente du mont Ours jusqu’au col de Castillon est un délice, ainsi que tout le travers depuis Biatonéa, avant un gros portage des familles (+200m) qui nous oblige à contourner le terrain privé de Piastrisse par le haut, pour rejoindre une ancienne spéciale du rallye de Sospel qui partait du plan German.

C’est déjà l’heure du picnic cul dans l’herbe, et on enchaine avec une descente sublime, comme on en trouve si souvent dans la Bévéra, jusqu’au-dessus de Sospel, où nous rattrapons la longue piste de la baisse de Scuvion, et ses +800m qui ne laissent quasiment aucun répit au 22-32.

Le tour du mont Razet et ses panoramas uniques et enviables ne nous lassent jamais, et tandis que Shostag et Charlotte peaufinent (enfin démarre pour une certaine…) leur préparation au portage avec un petit détour au sommet du Razet, nous parcourons avec bonheur la descente qui nous mène du col à la chapelle St Bernard, pour une pause délicieuse, avant de tester pour certains la descente très “contrastée” de la Penna, faute d’avoir le temps (et l’énergie ?) pour le col du Berceau et sa célèbre descente éponyme.

Cet immense tapis de cailloux mal rangés, aux éboulis désordonnés, épingles acérées et bords de sentier instables est très diversement apprécié, entre les super qualificatifs du VTopo expert de Greg et les super jurons de Banana, faites votre choix :mrgreen:

Des chiffres

  • entre +1700 et +1800m pour le groupetto de Castillon
  • entre +2300 et +2500m pour les autres
  • 10 h de rando avec les nombreuses pauses
  • 12 jurons différents pour Banana
  • quelques kilos à perdre pour Franco
  • quelques millimètres à gagner pour la fourche d’Astérism
  • Le topo sur skitour
  • une rando ASCVTT

Des photos