Le changement a du bon. Après une fin de saison très focalisée sur le VTT, une rando pédestre et alpine est la bienvenue. Et comme souvent durant l’été indien, on se dit que ce week-end sera peut-être le dernier, avant que nos hauts sommets soient saupoudrés.

Mont Clapier

Vallon de la Gordolasque, nuit délicieuse dans le van au pont du Countet, au son du torrent et des grillons chanteurs, encore présents dans cette exceptionnelle douceur d’une fin octobre.

Au lever avant l’aube, il ne fait même pas froid. On déguste notre petit déjeuner tandis que les premières voitures de randonneurs, souvent pressés, arrivent sur ce point de départ d’une multitude de randonnées.

Première partie de la montée tranquille vers le nouveau refuge de Nice, dans le vallon sombre et encaissé de la Gordolasque. La lumière sur les crêtes et les reflets du matin dans le lac de la Fous sont magiques. Visite du nouveau refuge d’été, fermé, et petit tour dans l’ancien, ouvert pour l’hiver, tandis que les premiers rayons du soleil franchissent enfin les crêtes.

Jardinage sur la carte et le terrain pour trouver le bon itinéraire de montée, pas vraiment balisé. On change de vallon pour retrouver une sente épaulée d’une ligne de cairns franche. Au passage, belle rencontre avec un groupe de chamois curieux, et un vieux bouquetin placide.

La montée s’accentue progressivement et l’altitude coupe le souffle. Quelques rares plaques de neige, et nous sommes au pieds du Clapier, le bien nommé, énorme tas de cailloux instables qui font clap-clap lorsqu’on les met en déséquilibre.

3045m, sommet avec un horizon dégagé sur 360°, vue directe sur le Gélas, l’Argentera plus loin, et le Viso à moitié blanc encore plus loin, et la mer argentée au Sud. Le vent souffle évidemment, et la petite plate-forme orientée Sud sous le sommet est juste idéale pour un picnic abrité et ensoleillé, en compagnie d’un jeune couple d’allemands arrivés peu après nous.

Nous tentons ensemble la descente assez délicate par une variante plus directe mais finalement moins roulante. En vue du refuge de Nice, les genoux de Susie sont déjà douloureux et nous ralentissons progressivement le rythme jusqu’au parking.

Là, on se dit qu’il se fait tard, qu’on est vraiment bien entamés après une ascension de +1400m, dont une partie difficile pour les articulations peu entrainées. Ils nous reste de quoi diner, alors avantage du van, on décide de rester pour un deuxième bivouac sur place, avec  un exceptionnel tour de cadran de bon sommeil réparateur !