Il est de ces traits rouges qui attisent les fantasmes des vététistes spécialistes des topos découverte. Celui du vallon de Marre qui débouche sur la rivière Vésubie, en aval de la Madone de Fenestre, en fait partie. On ne sait pas trop si RecoB en est le découvreur sur deux roues, quoi qu’il en soit c’est le premier en 2008 qui teste cette descente aux près de 150 épingles, et nous le fait savoir.

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Machine à Coudre by Vélo Vert

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Coïncidence, le dernier Vélo Vert relate justement dans ses pages, sous la plume de Greg Germain, cette fameuse MàC, que l’enduriste Yann Beunard a roulé cet été sous l’objectif du photographe.

Il faut dire qu’un tel enchainement sur 700 mètres de dénivelé négatif n’est pas courant dans les Alpes Maritimes !

Un parcours qui se mérite

Une descente qui se mérite, car son accès n’est possible que par l’est en passant par la vacherie du Dévensé avec un gros portage à la clé, ou bien avec un grand détour par le sud-ouest en arrivant par la baisse de Férisson et la cime de la Palu, option que j’ai choisi pour la beauté du lieu et son exposition sud bienvenue en cette fin novembre.

vallon-de-marre-ignUn tracé qui se mérite aussi par sa technicité, car si les premiers virages dans le mélèzin sont propres et parfaitement dessinés, la suite se corse rapidement avec soit des angles de plus en plus serrés, ou encore de la pente qui s’accentue, avec l’exposition (du “gaz”) qui l’accompagne, ou bien des racines, des blocs, ou des arbres disposés par un esprit machiavélique, des enchainements hyper étroits qui ne permettent pas de souffler une seconde, bref : un monument de l’épingle technique dans le département.

Une navette entre St Martin et le début de la piste de la vacherie de Férisson, au-dessus de Belvédère, nous permet d’envisager la fameuse descente avec un dénivelé raisonnable dans les jambes (+1000m environ) et d’y ajouter une petite boucle éventuelle si la forme du groupe et le timing solaire serré le permet.

Dernière virée en altitude

Banana Smilie, Sophie, Max, Robin et Peewhy se joignent à moi pour cette virée automnale, avec une météo à faire pâlir un nordiste. Prévue initialement dimanche, la sortie est décalée au samedi précisément en raison des prévisions alarmistes de la dite météo. Bien nous en a pris. Rouler (et pique-niquer !) à près de 2300m une fin novembre est relativement exceptionnel, surtout lorsque l’on sait que dans la nuit de samedi à dimanche, il est prévu de fortes chutes de neige dès 1400m !

Le travers entre la baisse de Férisson et la cime de la Palu est réellement paradisiaque, avec un panorama plein sud qui découvre une côte argentée au-delà des crêtes entre baie des anges et St Raphaël. On passe déjà du temps à passer, ou repasser, proprement les premières épingles et prendre toutes les photos qui vont bien, histoire de compléter un futur calendrier 2010 😉
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Point zig-zag entre chiens et loups

Avec tout ça, on arrive quand même tardivement à la fameuse balise 346, point de départ de l’enchainement promis. Le sentier qui précède, depuis la b345, véritable mise en bouche, est parsemé de plaques de neige persistantes et surtout gelées ! Ca promet 😯 Et on a plus trop le temps de prendre des photos et repasser trois fois le virage récalcitrant 🙄

Et quand bien même, chacun s’applique et se délecte, avec une alternance de jurons ou de petits cris jouissifs en fonction de la réussite de chacun. Robin nous impressionne avec sa technique dite de la “danseuse” (la jambe intérieure au virage gracieusement en l’air) avec une réussite certaine, les filles sont toutes en précision et en application avec de réels progrès pour toutes les deux, Peewhy nous fait quelques figures et perd une patte de dérailleur au passage, Max en impose par son équilibre et sa concentration coutumière, quant à votre serviteur, il est toujours amputé du pied gauche dans les épingles droite ce qui contrarie fortement ses appuis 😆

Arrivés sans encombres sur la passerelle qui franchit la rivière, encore chétive, de la Vésubie, on se rend compte alors qu’il fait vraiment très, très sombre. L’option deuxième boucle est évidemment abandonnée depuis longtemps et nous nous laissons glisser par la route de la Madone puis les escaliers finals du GR52 qui débouchent sur St Martin, à la tombée de la nuit.

Tournée bienvenue à la taverne de la place avant la navette des chauffeurs et un bonheur partagé par toutes et tous sur ce parcours et les conditions d’exception qui l’ont agrémenté !

L’album photos