Les précédents rallyes/enduros de Roubion s’étalaient sur tout un week-end à la mi-juin. Cette année 2010, Christian Tabart, Patrick Picholet et toute leur équipe on décidé de recentrer l’enduro traditionnel et ses 4 spéciales sur le seul dimanche et de proposer un format de course inédit pour le samedi, baptisé simplement : “Enduro Marathon”.

Enduro marathon de Roubion 2010

Ce 1er Enduro Marathon de la Tinée est donc une épreuve longue distance sur deux manches chronométrées, avec un parcours identique et tenu secret jusqu’à la veille, entre le Lauvet d’Ilonse et St Sauveur sur Tinée.

Des départs à 6 coureurs toutes les 2 minutes, pour un total de 2800 mètres de négatif et 400 mètres de positif, une remontée en bus, le reste étant partagé entre le télésiège de la station et un morceau de liaison jusqu’au pied du Lauvet d’Ilonse.

Moins de 40 minutes pour les meilleurs temps sur un parcours très exigeant physiquement et techniquement et surtout parfaitement complet. Une ambiance haute montagne, des paysages somptueux, une organisation sans faille, avec notamment le retour du chronométrage à  puces, fixées cette fois sur le cintre du vélo.

Seules les navettes bus ont souffert de retard pour les dernières vagues de coureurs, dus essentiellement à la paresse des premiers arrivés qui ont préféré le bain de pieds dans la Tinée à l’enchainement direct pour la deuxième spéciale 🙄 . A noter les prouesses des conducteurs de bus qui frôlent la falaise ou le vide à chaque virage de la difficile petite route de St Sauveur à Roubion, avec des croisements auto, ou même moto parfois périlleux !

Nouveau format, nouveau rythme, nouvelles sensations

Habitués des rallyes, révisez votre gestion de la course ! Car on ne tient pas le même rythme sur 5 ou 10 minutes que sur 40 minutes pour les meilleurs et près d’une heure pour les autres.

Passons sur la gestion de l’effort et de la fatigue, ici le piège, c’est la faute de concentration, qui a la fâcheuse tendance à s’émousser au fur et à mesure de la longue descente.

Quant au terrain n’en parlons pas, on a jamais le temps de s’y habituer ! Entre la large prairie alpine du départ, qui a l’immense avantage d’éclaircir les positions, les sentiers encaissés à flanc qui raclent les pédales trop basses, les franchissements de blocs où selon ses capacités, se pose à chaque fois la question : “à pieds, ou en mode trial ?”, les coups de cul qui s’enchainent, les wild zones fraichement ouvertes dans les genêts, les franchissements de restanques surprise, les enchainement de pif paf bien raides qui tétanisent les doigts sur les freins bloqués, les sentiers de balcons qui permettent d’aller vite, très vite, avec cependant des passages exposés dans les roches rouges au-dessus de la Tinée, où la sortie de sentier est définitivement interdite… toutes les qualités de vététiste sont pleinement exploitées.

Cette première édition est d’ores et déjà une réussite. Le parcours choisi et tracé à mains d’hommes par Pistol et ses équipiers constitue déjà une référence. Le format “spéciales rallye”, départs à 6 espacés de 2 minutes ne souffre aucune critique et au contraire a comblé les participants. La répétition de la spéciale l’après-midi ajoute un intérêt identique pour tous les bikers : courir contre son propre chrono du matin, avec l’avantage d’un parcours “reconnu” et l’inconvénient d’une énergie moindre.

La lourde organisation des navettes en bus s’est plutôt bien passée, compte tenu des difficultés qu’elle a du représenter. Et probable qu’un préposé à l’embarquement des concurrents sera nommé l’année prochaine : hop, hop, hop !

D’ailleurs, les lignes de départ sont sérieusement éclaircies l’après-midi, la faute à des casses diverses assez nombreuses, parfois aussi dû à une grosse fatigue, notamment pour ceux qui avaient choisi de faire les deux jours d’affilée.

Les bikers dans la prairie

Les passages exposés en balcon avaient été largement évoqués au briefing, et autant que possible signalés, notamment dans les virages “ouverts” sur le vide. Pourtant Banana a vécu une belle frayeur en entendant un poursuivant rater un freinage juste derrière elle  et faire le plongeon ! Par miracle, il avait pu se raccrocher à des buissons quelques mètres plus bas, tandis que Susie essayait tant bien que mal d’arrêter un concurrent pour avoir un coup de main et aider l’infortuné à sortir de sa position avec son vélo… Comme bien souvent dans ces compétitions, le chrono prend trop de place dans la tête, et certains en oublient les notions élémentaires d’entraide et d’assistance. Carton jaune sur ce coup.

Un remerciement chaleureux à Christian et Tabart Organisation pour son invitation (Banana et moi-même) au restaurant des Écureuils, au diner organisé pour tous les membres et bénévoles de l’organisation qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour notre plaisir de vététiste enduriste. J’ai ainsi eu la faveur de pouvoir me replonger dans l’histoire du VTT français avec des anecdotes qui mériteraient un jour un interview plus approfondi 😉

Photos départ et arrivée