Une semaine de congés, c’est trop court pour aller loin. Alors pour trouver une idée, on mélange envies du moment et tuyaux du réseau, on secoue ce qu’il faut, et hop, ça sera le Beaufortain ! Florent, notre compagnon de route au Népal, est récemment devenu un spécialiste de ce coin de paradis, tandis que le pilote pro Greg Noce a fait son job d’ambassadeur sur le réseau.

le-beaufortain

Du Beaufortain, nous n’en connaissions que la spécialité : le Beaufort, roi des fromages à pâte pressée cuite ! Incontournable mais quand même un peu restreint, dans la mesure où notre activité principale se voulait vélo de montagne.

Sauf que, entre les photos/vidéos diffusées entre autres par Greg Noce, pilote Specialized, sur Facebook, le succès de la deuxième édition de l’Open Enduro du Beaufortain, et surtout les topos personnalisés de Florent, fraichement embauché par la communauté de communes pour, entre autres, développer l’offre Enduro sur la région, il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de l’intérêt du spot et de la destination.

Remontées mécanisées

Partir un week-end de rentrée, c’est un privilège dont nous profitons sans retenue. Les lieux de vacances, tout comme les routes y conduisant, se vident, tandis que le temps estival est en principe, encore présent. Par contre, le service de navettes bus assuré les seuls deux mois d’été s’interrompt, ce qui ne nous laisse aucune alternative pour aller chercher les beaux parcours : aux mollets, épicétout !

En couple, pas de navette possible, tandis que nous n’avons pas encore, comme certains, cédé aux sirènes du VTTAE (assistance électrique). Nous repoussons cette alternative au moment où physique et/ou santé deviendront un vrai frein à notre pratique. Donc aussi tard que possible, de préférence !

En revanche, le Bike Park des Saisies reste encore ouvert les trois premiers week-ends de septembre, l’occasion de s’offrir quelques descentes mécanisées l’après-midi de notre arrivée, mais dans un froid glacial qui, après les deux mois de grosse chaleur sur la Riviera, nous a… saisis !

Par rapport à nos stations du sud-est, ces descentes aménagées sont de véritables pistes de bobsleigh, juste quelques racines apparentes pour la touche technique sur les rouges. Un vrai plaisir de glisse écourté par l’onglée qui menaçait Banana.

Intendance et saveurs

Le camping municipal de Beaufort à un km du village éponyme est calme, impeccable et plus qu’abordable. A cette époque de la saison, il est déjà quasi vide. Seuls quelques randonneurs, retraités, motards ou cyclotouristes de passage se répartissent dans les grands espaces libres, car c’est la route des Grandes Alpes.

Ce sera notre camp de base pour quatre jours (le parcours enduro de l’Adret’naline y arrive même directement), et le reste se fera en “sauvage”, toujours dans un confort absolu grâce à notre incontournable SOvan, autonome avec son panneau solaire pour le frigo, et le petit coup de chauffage à air pulsé les matins frisquets pour un petit déjeuner détendu.

Et dans la région, ce ne sont pas les spots bivouac qui manquent. Promontoires panoramiques, clairières forestières ou bords de lac, il y a de quoi se poser le soir pour le régal des yeux, la finesse des narines, et le calme des alpages.

Côté goûts, on vous conseille chez le boulanger devant la halle, la baguette Beaufortaine, un sandwich à elle seule avec son mélange de lardons, de noix et de Beaufort, en plus des tartelettes du même nom incontournables. La coop à l’entrée du village est à visiter au moins une fois pour tout comprendre de ce fromage d’exception et en rapporter quelques morceaux de meules pour soi-même et les potes (juste prix par rapport à d’autres commerces). Ne manquez pas non plus la charcuterie sur la route du Cormet de Roselend, avec ses spécialités telles que le pormonier (saucisses typiques) ou les nombreuses variétés de crozets (pâtes céréalière).

A cette époque, c’est aussi le gavage de myrtilles dans certains alpages, tandis que les abords de l’Adret’naline fournissent pissenlis et épinards sauvages en abondance.

Galerie SOvan

Galerie faune, flore, goûts

Terre d’enduro

Florent nous a bien “vendu” le topo. Cette petite communauté de cinq communes qui forment le Beaufortain a non seulement décidé de jouer la carte touristique du VTT, mais en choisissant explicitement la pratique “enduro”, avec les aménagements et investissements associés.

Un énorme réseau de sentiers spécifiquement aménagés, balisé d’une signalétique complète de grande qualité, équipé d’un système de navettes estivales, entretenu par une équipe de “bike patrols” et promu par un pilote pro ambassadeur… Même pour des bikers du 06 plutôt gâtés comme nous le sommes, cette expertise aurait de quoi inspirer notre département dans bien des domaines !

Un exemple, celui du partage des pratiques qui se fait intelligemment, en privilégiant non seulement les sentiers les plus adaptés aux vététistes ou aux randonneurs/traileurs, mais en y ajoutant aussi une signalétique claire et éducative. Les conflits potentiels dans les passages rapides ou traversant des terrains privés sont gérés en concertation avec propriétaires, gestionnaires et pratiquants pour décider de solutions de chicanes ou bien de création de sentier alternatif.

À vélo

Le dimanche, Florent s’était rendu dispo en guide de luxe pour nous faire goûter à une première boucle vers le Pas d’Outray (2181m) qui mêle panorama et beaux sentiers techniques et variés. En fait, la suite nous confirmera que toutes les boucles testées possèdent ces deux ingrédients de qualité, qui font de chaque expérience sportive en montagne un véritable enchantement.

Nous roulerons ainsi la majestueuse et aérienne crête de la Roche Parstire qui surplombe à droite le lac de Roselend et à gauche la vallée d’Arêches, puis enchainerons la descente magique de la Vachette jusqu’à Arêches, aux dizaines d’épingles travaillées et parfois équipées de soutènements renforcés pour élargir leur sorties. Cette dernière descente se sépare au milieu avec la Totale, qui débouche directement sur Beaufort.

Pour atteindre ces dernières descentes, le plus court reste la montée par la route du col du Pré, et ses 10% que l’on sent bien passer !

Notre dernière descente sera la renommée Adret’naline, avec une petite variante indiquée par Florent. Montée par la route de Hauteluce – les Saisies, où il est possible en saison de profiter du bike park pour terminer le soir par ce bijou de descente sur Beaufort.

Galerie VTT

À pieds

Pour souffler et récupérer un peu des boucles VTT parfois assez physiques pour nos conditions respectives, et aussi pour varier autant que possible les plaisirs et les découvertes, nous alternons le vélo avec la rando pédestre. Les rotules de Banana ne sont pas des plus résistantes, mais avec une genouillère adaptée ainsi qu’une bonne paire de bâtons, nous sommes en mesure de dépasser le millier de mètres de positif à bonne allure et sans rentrer sur les coudes.

Terre d’enduro, mais surtout terre de randonnée. Le réseau de sentiers y est dense, pour tous les goûts et toutes les ambitions sportives, ce qui inclut également les parcours balisés dédiés au trail, cette nouvelle approche sportive de la montagne qui explose sur tous les massifs.

Côté panoramas, c’est fromage et dessert ! il y a toujours une vue sur un lac, une vallée sans fond, ou une chaine de sommets connus, et puis l’incontournable majesté le Mont Blanc, quand celui-ci n’est pas royalement drapé dans ses nébulosités d’altitude.

A propos de lacs/barrages, le plus grand d’entre eux, celui de Roselend, retenue artificielle hydroélectrique depuis 1961, avec son eau turquoise foncé, est à la fois le noyau, visible depuis quasiment tous les sommets, et le joyau envoûtant du Beaufortain, qui donne à ces paysages un petit côté Suisse pas désagréable (et un revenu pour la région pas négligeable). Inutile de préciser qu’il nous a envouté, il suffit de voir les photos !

C’est ainsi que nous avons aussi découvert que la Pierra Menta, nom donné à la plus célèbre course de ski alpinisme, n’est pas un sommet italien, mais un des promontoires les plus connus de la région, dont le nom dérive franco-provençal Perrâ mentâ, pierre montée !

Galerie rando pédestre

Galerie panoramas

Mais il nous reste tant d’autres parcours à rouler, la via Ferrata du Roc du Vent découverte le dernier jour à tester, de beaux spots bivouac à expérimenter, et pourquoi pas en hiver avec skis/surfs/raquettes, que sans hésiter : le Beaufortain on y revient 🙂

Ndr : Ceci n’est pas un publi-reportage, et je ne touche aucun subside des promoteurs de cette région 😉

Photos © Pierre Jahan – Utilisation interdite sans accord de l’auteur.