En matière de sport, la parité hommes-femmes gagne régulièrement du terrain, et c’est bien.

Le vélo de montagne version Enduro est un sport exigeant, physique, technique, et “jeune” qui plus est, dans les sens où il n’est apparu que très récemment dans les activités de plein air. Depuis sa naissance il y a une trentaine d’années, les femmes n’y étaient guère représentées, hormis rares exceptions.

Mais les choses changent depuis quelques temps, et grâce au dynamisme et la passion de Zoë Maunier, du Club des Sports des Portes du Mercantour et de la station de Valberg, on peut affirmer que le premier Enduro Girls des Portes du Mercantour sonne l’an Un des filles en VTT Enduro pour la France !

1er Enduro Girls des Portes du Mercantour

Il était une fois, “une vététiste”

afficheJusque-là, les filles en enduro, c’était souvent un groupe à part qu’on faisait partir avec un intervalle de temps augmenté sur les gars qui suivaient, histoire qu’elles ne “gênent” pas trop, même si certaines s’offraient régulièrement le top 50.

Pas simple de se faire une place dans un sport qui évolue très vite, avec un niveau général en croissance forte chaque année, et où ça fleure souvent la testostérone et l’arsouille sans concession.

Question de “masse critique” (sans rapport avec une notion de corpulence 🙂 ). Petit à petit, les courageuses tentent l’enduro, se font mal au coeur et au corps, se font déboiter dans les spéciales sans précaution, supportent les petites ou grosses allusions, mais finissent par se renforcer, s’endurcir, et convaincre les nouvelles de leur emboiter la roue.

L’industrie suit aussi timidement le mouvement. Quelques marques tentent des produits estampillés “girlie”, cadres, selles, habillement, d’abord orientés rose fushia et cross-country, puis all-mountain et enfin enduro depuis à peine 2 ou 3 ans.

Tout était en place. Ne manquait plus qu’un évènement déclencheur qui scelle enfin cette évidence : on ne dira plus désormais “une fille à vtt“, mais simplement “une enduriste” !

L’homme peut aussi accompagner…

Lorsqu’elle (Banana) a vu passer l’annonce, ça n’a pas fait un pli : “Tiens je reprendrais bien l’enduro, y’aura que des filles pour une fois !“. “Ah oui ?” dis-je d’un air peu convaincu, sans même tenter la blaguounette de service : “…et avec une perruque, ça passerait pour moi ?

En fait, persuadé depuis des lustres de l’importance des femmes dans le sport outdoor en général, et le vtt en particulier, j’étais ravi du concept, et curieux de le voir se réaliser. C’est quand même une première en France à ma connaissance dans le domaine de l’enduro, et j’avais du mal à imaginer combien de participantes pouvaient y adhérer.

Mais choisir un week-end de Roland Garros et de Grand Prix de Monaco, c’était finement joué ! Monsieur pouvait boire ses bières avec ses potes dans le canapé pendant que madame s’éclatait sur les sentiers 🙂

Mais c’était sans compter sur l’Enduro Kid, organisé de concert avec les Girls. Et là, il fallait bien quelqu’un pour occuper le poste de nounou de service, ce que l’homo-vététiscus moderne de rechigne pas à faire, surtout s’il peut placer tous ses espoirs de podium à jamais évanouis dans sa progéniture, souvent mieux équipée que les grands !

Et là, le succès est énorme, plus d’une centaine d’enfants accompagnés par leurs parents, prêts à en découdre quel que soit le temps.

Et si les enfants sont grands, et que monsieur préfère rouler plutôt que d’ingurgiter de la F1 sur terre battue, il lui suffit d’accompagner sa “girlfriend” 😉 (…et au passage, prendre quelques photos 😉 ).

Un gros caprice météo

Une semaine quasi estivale jusqu’au samedi soir, un déluge pluvio-orageux en milieu de nuit jusqu’en milieu d’après-midi le dimanche, puis retour du soleil et de la chaleur pour la semaine qui suit, telle était la vicieuse météo du jour.

Première liaison dans la brume, qui se termine par un déluge de grêle, sacrée entrée en matière pour une première ! Une des cinq spéciales sera ainsi annulée pour tenir compte de cette grosse difficulté. Heureusement les averses se font plus rares après, mais le froid ajouté au terrain détrempé sur les deux dernières spéciales, imposeront un gros challenge aux courageuses qui seront 45 à prendre le départ sur les 62 inscrites.

Dans la série photos du virage gauche (fin de spéciale 3), on voit bien que les premières enroulent avec un vélo et des roues relativement propres, tandis qu’au fur et à mesure des passages, les crampons, les flancs et le cadre sont noyés sous une grosse épaisseur de boue collante.

Mais si cet épisode orageux n’était pas le bienvenu, il aura en quelque sorte catalysé l’expérience. D’abord pour l’organisation et tous les bénévoles qui ont tenu à assurer et montrer qu’ils savaient recevoir en toutes circonstances, puis pour les participantes qui ont prouvé s’il le fallait encore que les notions de “femmelettes” et autres “gonzesses” n’étaient plus vraiment appropriées, et qu’il fallait définitivement compter avec elles, avec ou sans les hommes !

Alors merci à cette première et belle organisation, à tous les bénévoles, les partenaires et sponsors qui ont assuré, et à ces sourires qui ont inondé cette journée de pur ride féminin (visibles sur toutes les photos) 🙂

Résultats

Galerie (+140 photos)

Photos © Pierre Jahan (pas d’utilisation autre que perso sans accord préalable de l’auteur)