Toblerone ou le frisson du Matterhorn

Toblerone ou le frisson du Matterhorn

06
septembre
2016
I l y a des symboles qui marquent une enfance.

La Suisse, c’était d’abord ses chocolats offerts par Mita, notre vieille gouvernante de famille bourgeoise qui les rapportait de ses helvétiques voyages. Les clichés vendeurs s’affichaient sur chacun de leurs petits emballages rouges affublés d’une croix blanche : chalets d’alpages fleuris, petits trains à crémaillère, vaches grasses et… hauts sommets enneigés.

6 Sep 2016 | Featured | 2 commentaires

Il y a des symboles qui marquent une enfance.

La Suisse, c’était d’abord ses chocolats offerts par Mita, notre vieille gouvernante de famille bourgeoise qui les rapportait de ses helvétiques voyages. Les clichés vendeurs s’affichaient sur chacun de leurs petits emballages rouges affublés d’une croix blanche : chalets d’alpages fleuris, petits trains à crémaillère, vaches grasses et… hauts sommets enneigés.

Mais cela n’était rien au regard du cultissime et centenaire Toblerone, et ses onze morceaux pyramidaux de chocolat à la nougatine qui fondaient bien trop vite !

Saviez-vous que le profil de montagne qu’ils évoquent n’est apparu qu’en 1970 sur son logo ? Et que dans cette montagne symbolisée se détachait un ours ?

Une montagne pyramidale aussi parfaite, nous la retrouvons sans cesse, sur de multiples compte-rendus, illustrations et photos, elle fini par imprégner notre inconscient collectif.

Et puis un jour, on se dit qu’il faudrait la voir, de nos yeux d’enfant devenu grand.

Le train à crémaillère du Gornergrat est une institution depuis 1898. L’emprunter est une expérience à elle seule, qui vous élève en une demi-heure dans l’un des plus beau paysages de montagnes de la planète, sur les 3089m du mont Gornergrat.

Après la journée très maussade de la veille, la météo insistait sur le retour du soleil dans la matinée, mais les premières stations au-dessus de la richissime Zermatt restent encore sous leur couverture de coton gris-blanc.

Dans le wagon, la voix suave enregistrée de la commentatrice égrène les informations relatives au train et aux paysages qu’il traverse, non sans omettre les incontournables encouragements à tester les nombreux restaurants présents sur le parcours, et vivre l’expérience de l’hôtel (et son centre commercial) le plus haut d’Europe.

Le message est traduit en un nombre impressionnant de langues, y compris le japonais et le coréen dont les représentants sont en grand nombre autour de nous.

Le spectacle est donc à la fois dehors, et dans le train, où les touristes instables dans leurs baskets de grande marque, se pressant d’une fenêtre à une autre armés de tablettes, ou perches à selfies, sont autant d’obstacles à contourner pour, nous aussi, bien profiter du panorama.

Et puis une clameur de petits cris qu’on aurait cru sortis d’un dessin animé Manga se propage rapidement, couvrant complètement le sirupeux commentaire marketing.

Du côté droit, derrière les baies vitrées panoramiques tenues impeccablement propres, le voile de brume se déchire. Une immense silhouette fantomatique apparaît, si proche, si haute, et le symbole mémorisé devient l’espace de quelques secondes, réalité, avant qu’une nouvelle strate de vapeur d’eau plus dense ne le masque à nouveau.
Le Matterhorn ménage son entrée en scène !

Tout va désormais très vite : la clameur aiguë qui reprend, les gens qui se lèvent, se précipitent, les appareils qui crépitent, la lumière qui se fait de plus en plus forte, derrière la brume qui se déchire à n’en plus finir.

La crémaillère électrique continue de nous hisser au-dessus de cette mer de nuages, et le rideau peut enfin s’ouvrir en grand, sur une constellation de sommets de plus de 4000m, au milieu desquels se détache la montagne reine, comme sur mes chocolats d’enfance.

Malgré tout le brouhaha touristico-commercial, le spectacle prend aux tripes, il touche à l’imaginaire, il suscite l’émerveillement.

La gorge se noue. Et pour capturer quelques images de plus, les yeux mouillés sont furtivement essuyés…

2 Commentaires

  1. Bertrand

    Ça fait du bien de retrouver vos CR, vous deux ! Toujours de bien belles photos qui donnent envie de partir…
    La Bise.

  2. Pierrot

    Merci Bebr’ ! Encore quelques travaux de finition et de remise à niveaux de certains billets avant d’annoncer le retour, mais l’idée y est 😉

    FB a montré ses limites et tue la créativité, maintenant il s’agit de tenir la qualité et la régularité !

    Bises,

Envie d'écrire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest