Le chemin de l’Énergie, c’est un vestige panoramique et aérien du passé. On peut heureusement l’emprunter à vélo avec une dérogation pour les courtes incursions dans le Parc National du Mercantour, il faut simplement être prêt à s’offrir un portage de +400m et à rouler sur des passages certes propres, mais escarpés, où la chute n’est tout simplement pas une option. Et le détour au refuge du Rabuons (2523m), sous le mont Ténibre, avec sa vue, son lac d’altitude, et sa tarte aux myrtilles valent toujours le détour.

Chemin de l'Energie

Une partie du groupe ayant souhaité combiner la sortie vélo avec une montée au mont Ténibre (3031m) en mode “trail”, nous avons eu largement le temps de profiter d’une partie de l’après-midi clémente en mode sieste ou contemplation.

Enfin la descente désormais très (trop ?) connue du bois de Sélasse offre un final magnifique à cette boucle au départ de St Etienne de Tinée. Un sentier qui subit une forte fréquentation de marcheurs, mais aussi de vététistes dans le sens descendant. Outre les pierres et blocs qui encombrent la trace après l’hiver, de très vilaines coupes sont apparues à des endroits ou l’enchainement des virages était simplement parfait. Vététistes et usagers de tout poil, respectez le sentier !

La description historique du guide Randoxygène du CG06 est toujours intéressante :

“Ce chemin historique, magnifique ouvrage d’art de plus de 8 km, domine le cours de la Tinée de 1 300 m de dénivelée : itinéraire en balcon presque parfaitement horizontal, il se joue des nombreuses difficultés d’un relief accidenté au prix du considérable travail effectué entre les deux guerres mondiales par la compagnie “Energie Electrique du Littoral Méditerranéen”.Celle-ci l’avait tracé en vue de la construction d’une centrale hydro- électrique projetée à Saint-Etienne-de-Tinée.

Ces travaux remontent à une époque où chaque région de France devait produire sa propre électricité, le site de la haute Tinée ayant été retenu pour ses nombreux lacs d’altitude : devaient ainsi être captées les eaux des lacs de Vens, Marie, Ténibre, Fer et Rabuons afin de les collecter en aval et de transformer l’énergie ainsi obtenue. Le chemin de l’Energie servait alors à acheminer matériaux, ouvriers et attelages sur les différents lieux de captage et devait à terme servir de support à une conduite forcée.

Après l’abandon du projet, une nouvelle utilité lui est aujourd’hui assignée et de nombreux randonneurs apprécient l’originalité de cette traversée aérienne. Il faut souligner les difficultés rencontrées chaque année pour maintenir en état cet itinéraire taillé parfois à même la paroi ou passant dans des tunnels audacieux.”

La vidéo embarquée aérienne

Cette sortie réalisée quasiment tous les ans, et cette fois-ci début juillet, était l’occasion de filmer intégralement le sentier en balcon, avec son aller-et-retour au Rabuons, afin de faire partager les paysages somptueux qu’il offre, ainsi que leur verticalité sur certains passages à flanc de paroi.

La galerie photos