A moins d’une nautique au nord de la cité vénitienne, séparée par l’île cimetière San Michele, l’île de Murano est une sorte de Venise en modèle réduit, sans le faste ni les richesses de la cité des Doges, avec moins de touristes aussi, mais avec tout le charme d’une petite cité lacustre authentique, renommée à travers le monde pour ses artisans : les maîtres verriers.

Murano, la petite soeur

Le lendemain de notre première incursion dans les canaux Vénitiens, la destination suivante était presque évidente de par son intérêt touristique et son accessibilité : Murano, l’île des maîtres verriers, mais aussi des jardins (et des plaisirs…).

Notre voisine allemande de camping, Kirsten, nous propose de nous y accompagner, avec son Valley Aquanaut. Il fait très beau, et le vent de la veille est complètement tombé. Dans ces conditions idéales, la lagune est un miroir, pourvu que l’on reste à l’écart des chenaux.

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Nous passons à l’Est de l’île de Vignole pour éviter justement le trafic. Malgré quelques incertitudes de notre accompagnatrice, dont les raccourcis osés nous font caresser les haut-fonds à marée presque haute, il nous faut juste une petite heure sans se presser pour être à l’entrée du grand canal de Murano, gardée par son phare majestueux de pierres blanches barré de deux bandes noires reconnaissables de loin.

Le franchissement du chenal avec son trafic et son clapot désordonné est toujours un instant sportif et un peu tendu, mais tout le monde s’en sort très bien ! Nous goûtons à nouveau au calme des canaux. Ici, ruelles et voies d’eau sont plus larges et les maisons plus basses qu’à Venise.

Murano prend son essor au début du 13ème siècle après que les maîtres verriers Vénitiens aient été priés de quitter la cité en raison des incendies fréquents provoqués par les fours de leurs ateliers. Depuis cette époque la verrerie d’art de Murano a acquis une renommée mondiale, dont les secrets de fabrication restent très protégés.

Kirsten qui connait le coin nous propose de débarquer dans un parc au nord de l’île, juste derrière le très beau cimetière. Un escalier pour débarquer facilement et une pelouse pour y poser les bateaux. Nous les laissons ainsi le temps d’une visite de l’île agrémentée d’un déjeuner dans un café typique sur le rio dei Vetrai, l’artère piétonne et navigable principale, où les échoppes de verrerie d’art et les restaurants s’enchaînent comme des perles sur un collier.

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L’impressionnante église Santa Maria e San Donato au style Roman Byzantin et son campanile bien penché vaut le détour. Mais ce qui impressionne aussi, à l’écart des deux artères touristiques principales, c’est l’extrême calme des ruelles pavées, propres, vides, ornées de multiples jardins aux essences variées et colorées. Un contraste saisissant avec le tumulte de sa grande soeur lacustre voisine. L’endroit nous aura tellement plu que nous y retournerons le dernier jour, pour y acheter quelques souvenirs et y apprécier encore mieux son rythme paisible.

Le retour par le rio dei Vetrai nous gratifie à nouveau du privilège des navigants, glissant paisiblement sur l’eau, sous les ponts, à l’écart des touristes, tout en étant souvent photographiés par ces derniers, surpris d’observer de si frêles esquifs  sur la lagune Vénitienne.

Contournement des murailles ciselées du grand cimetière San Michele, sur lequel nous ne débarquerons pas. Puis incursion de fin de journée dans Venise la première fois, avec pour spectacle l’arrivée des régates de l’America’s Cup, ou retour direct vers Vignole et le Lido la deuxième fois, avec un plan d’eau plus calme et sous une pluie fine.

Épisode suivant : Burano la colorée

Galerie photos Murano